PARIS (Reuters) - Petter Nylander, directeur général de
la
société suédoise de
paris en ligne Unibet, a été mis en examen mercredi pour
violation du monopole français sur les jeux de hasard par un juge de Nanterre
(Hauts-de-Seine), a-t-on appris de source judiciaire.
Arrêté le 22 octobre à Amsterdam sur le fondement d'un
mandat d'arrêt européen, et contraint de demeurer depuis dans ce
pays dans
l'attente de son audition en France, Petter Nyllander a été transféré par avion
vers Paris dans l'après-midi, escorté de deux policiers.
Il devra verser 200.000
euros de caution, a obligation
de répondre aux convocations mais conserve son passeport et peut donc rentrer
chez lui.
Cette affaire met la France en difficulté vis-à -vis de
la Commission européenne, qui estime que la procédure viole les règles
communautaires de libre concurrence.
Le juge de Nanterre (Hauts-de-Seine) a été saisi après
des plaintes de la
Française des jeux et du
PMU, sociétés publiques, qui aux
termes de l'actuelle loi française, bénéficient d'un
monopole, fructueux pour
l'Etat français.
En septembre 2006, dans la même affaire, deux dirigeants
du géant des paris en ligne autrichien
Bwin.com, Manfred Bodner et Norbert
Teufelberger, avaient ainsi été arrêtés près de Nice et avaient passé trois
jours en cellule avant d'être mis en examen pour "tenue illicite de jeux de
hasard" notamment.
Le problème de législation est connu de la justice
française elle-même. Dans un arrêt rendu le 11 juillet dans une autre affaire,
la Cour de cassation, plus haute juridiction française, avait ainsi annulé la
condamnation d'une société maltaise de paris
en ligne sur des courses hippiques,
Zeturf.
La Cour rappelait alors la réglementation européenne. La
Commission européenne a terminé aussi en juillet une procédure d'infraction
contre la France sur le même sujet en concluant que son monopole sur les paris
sportifs était illégal au regard du droit communautaire.
La France a donc en théorie obligation d'ouvrir son
marché des
paris sportifs à la concurrence, sous peine de poursuites devant la
Cour de justice des communautés européennes.
Dans l'affaire de Nanterre, les dirigeants de Bwin ont
saisi la cour d'appel de Versailles en demandant l'annulation des poursuites sur
le fondement de cette réglementation européenne. La chambre de l'instruction
examinera cette demande le 14 décembre prochain, dit-on de source judiciaire.